L’Association « 82 4000 solidaires » a créé un événement rassemblant un public de quelques 300 personnes autour de son action, qui consiste à donner l’accès à la montagne à des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion. Rejointe dans sa mission par de nombreuses associations caritatives françaises, notamment ATD Quart-Monde, Le Rocher, Sappel, Le Refuge et les Apprentis d’Auteuil, 82-4000 a mis sur pieds plus d’un millier de journées sur les sommets des Alpes depuis sa création en 2013, Une trentaine d’adolescents et de jeunes adultes qui ont découvert les sommets avec l’association briançonnaise ont tenu à être présents à Grenoble et à témoigner, de même que quelques guides bénévoles et dirigeants d’associations caritatives ou de firmes partenaires. Morceaux choisis de leur intervention:

« Je vais repartir dans la vie avec la même force que j’avais lors de cette expérience », un jeune au retour d’une course. « Cela ne fait pas partie de notre objectif que les jeunes deviennent des montagnards. La montagne sert d’accélérateur à tous les sentiments, c’est magique mais ce n’est pas non plus une baguette magique. Il faut une préparation et un suivi. »  Valérie Tauvron, directrice de l’Association « En passant par la montagne ». « L’accès aux vacances n’est pas un luxe, c’est un droit garanti par la Déclaration des Droits de l’Homme (Art. 24). L’absence de vacances est une manifestation d’exclusion. » Claire Hédon, présidente d’Atelier Quart Monde.

Une société pradoxale

Ascension du Rogneux apres une chute de neige printaniere

 

« Il nous incombe de casser l’image du guide qui vous met à l’abri de tous les risques, renchérit Christophe Moulin. Notre société qui veut le « tout sécuritaire » se met paradoxalement en danger. Il faut aider les enfants à prendre des risques et à vivre leur propre expérience. EN montagne on ne court-circuite pas la durée d’apprentissage de l’élément dangereux. » Pour Paul Petzl, PDG de la société Petzl, « Dans une entreprise, dans une association ou en montagne, il n’y a qu’ensemble qu’on peut faire quelque chose. Rien n’est stable ni définitif. Il faut saisir toutes les opportunités de rebondir. Il faut sortir de sa réalité pour la transformer à celle à laquelle on tend. Mais il ne faut pas rester seul dans son coin. Il faut le faire ensemble. Je crois que le collectif est la voie du futur. »

Enfin pour le théologien néerlandais Hendro Munstermann, « la montagne nous attire toujours plus loin dans la recherche de nous-mêmes. Nous sommes attirés par la montagne parce qu’il y a quelque chose qui nous transcende, nous y sommes confrontés à quelque chose qui nous dépasse. On a tous des révélations en montagne, elles sont un lieu de souffle, d’émerveillement et de métaphore qui peut me faire comprendre quelque chose. Est-ce un lieu de rencontre avec Dieu? Le ciel et la terre se rencontrent au sommet d’une montagne; y suis-je sur terre ou dans le ciel? LA montagne ne serait-elle pas le lieu par excellence pour devenir vraiment humain? »