Le groupe de Sport’Ouverte après la pause de midi

Les 9 participants du groupe de Sport’Ouverte après la pause de midi, sous la conduite du guide Marco (debout, deuxième depuis la droite)

Ciel bouché sur le centre du Valais au matin de ce 3 juin 2018. Dimanche de découverte de l’univers montagnard pour 9 adultes venus en bus depuis la région de Lausanne. Mais le Val d’Hérens pénètre profondément dans les Alpes valaisannes et c’est un ciel bleu qui les accueille à Arolla, en même temps que leurs guides. Les sommets et les glaciers sont encore bien enneigés alors qu’en-dessous un intense vert printanier envahit forêts et prairies.

Objectif de la journée pour les participants enchantés de se retrouver là-haut: s’initier à l’alpinisme, progresser sur un glacier … sans devoir marcher trop longtemps, ni chausser de crampons car le temps doux n’a pas permis à la neige de geler durant la nuit. Crème solaire, vérification des sacs à dos, essai des baudriers, répartition des piolets et du pic-nique, laçage des chaussures de haute montagne généreusement prêtées par le Look Montagne à Martigny… Encadrée par deux guides, Marco et moi-même, ainsi que par Séverine et Philippe, animateurs de Sport’Ouverte, la caravane est prête à pénétrer dans le Haut Vallon d’Arolla. Les marcheurs me questionnent avec enthousiasme sur le monde de la montagne, ses habitants à quatre pattes, les installations hydroélectriques visibles alentours, si bien que le long faux-plat est parcouru sans peine jusqu’à la première pause.

« C’est un miracle! » Enthousiaste devant ce décors constamment renouvelé, Jacques* prend les devant et ne cesse de l’immortaliser sur son téléphone portable

La pente s’accentue et le rythme se fait plus lent pour la montée à la galeries du P3, sortie du tunnel acheminant les eaux du bassin Zermattois jusqu’au barrage de la Grande Dixence. Elles plongent ici dans le siphon d’Arolla pour ressortir en face de nous, au P4. Un second arrêt permet de découvrir le bas glacier d’Arolla et les moraines qui témoignent de la bien plus grande ampleur du glacier jusque vers 1850.

Groupe montagne-partagée sous l'égide de Sport'Ouverte

La troupe remonte les névés un peu plus raides dans le silence et la concentration

 

Méditation contemplative

Méditation contemplative pour Julien* ici se forment peut-être des pyramides comme celles d’Euseigne, admirées sur la route d’Arolla?

Petit briefing sur la manière de marcher sur la neige et la troupe remonte les névés un peu plus raides dans le silence et la concentration, sans perturber une chèvre bouquetin occupée à brouter l’herbe enfin fraîche. Elle partage un repas revigorant face à l’impressionnante face du Mont-Collon avec sa coiffe de séracs. Le vent fraîchissant, puis quelques nuages incitent les marcheurs à repartir, non sans avoir enfilé les baudriers « au cas où. » Après la traversée d’une ravine de sable et de neige salie par une vidange de la prise d’eau, quelques névés inclinés sollicitent toute l’attention des marcheurs lorsque il s’agit de poser soigneusement ses pieds dans la trace, faite sur une neige pas toujours très stable. Avant de se lâcher dans quelques pas glissés, tout en se gardant de passer trop près des rochers pour que la neige ne cède pas soudainement sous nos pieds.

Petite déception dans la descente: le pierrier recouvre abondamment la langue glaciaire; cheminer en équilibre sur ses blocs instables et ensablés pourrait s’avérer délicat. La colonne progresse donc sans corde sur les névés bordant la rive droite du glacier. Elle abandonne une trace qui serpente parmi les rochers et suscite une réflexion à Léonard* alors qu’il se retourne pour regarder le chemin parcouru: « quel est le sens de la trace dans la vie? » Je me hasarde à une réponse: « certains suivent la trace des autres puis se décident, une fois, à faire leur propre trace. » Un peu plus bas, ce même hasard me permet de découvrir une voûte de glace lisse au reflets bleutés. De quoi réconforter les déçus. Je taille des marches dans la glace vive, traçant une boucle pour y accéder et traverser ce petit tunnel glaciaire.

Une trace de joie et d’émerveillement partagés, un jour durant, dans ce monde merveilleux des glaces, des neiges et des rocs éternels. Merci à tous!

François Perraudin

Entre crainte et admiration

Entre crainte et admiration: Alexandra* traverse le tunnel glaciaire, sous l’objectif de Philippe

*prénom d’emprunt, connu de l’Association